
Alors que bon nombre d'observateurs tablaient sur une imminente hausse des taux de crédit immobilier, la décision de la BCE d'abaisser son principal taux directeur est récemment venue changer la donne. Si une future baisse des taux d'emprunt n'est pas à l'ordre du jour, il est désormais probable que ces derniers conserveront une certaine stabilité tout au moins jusqu'à la fin de l'année.
Ce jeudi 03 novembre 2011, la Banque centrale européenne a créé la surprise en annonçant une réévaluation à la baisse de son principal taux directeur. Comme pour saluer la prise de fonction de son nouveau gouverneur (l’italien Mario Draghi succédant au français Jean-Claude Trichet), le taux directeur de la BCE s’est donc vu rogné de 25 points de base pour s’établir à 1,25%.
Si cette décision inattendue constitue une indéniable bonne nouvelle pour les banques, elle devrait également profiter aux éventuels emprunteurs. En effet, en concédant une baisse de son taux directeur, la BCE autorise donc les établissements bancaires à emprunter à un taux moindre, tant sur les marchés qu’entre eux. Empruntant à des taux plus bas, il serait alors logique d’imaginer une répercussion de cette baisse sur les barèmes de taux pratiqués par les banques. Cette option ne devrait toutefois pas être retenue et les emprunteurs ne devraient constater aucune baisse notable des taux de prêt immobilier, les banques préférant profiter de cette bouffée d’oxygène pour consolider un peu plus encore leur fond propre (répondant ainsi aux exigences de la réforme Bâle 3).
Réaliser une simulation de prêt immobilier
De l’avis de Maël Bernier, porte-parole du courtier en ligne Empruntis, « si cette mesure permettra aux banques françaises d'emprunter à des taux moins élevés à la fois sur les marchés mais également de se prêter à des taux plus bas, il est probable qu'elle n'ait guère d’effet sur les taux des crédits immobiliers aux particuliers ».
Tirer un trait sur une éventuelle baisse des taux ne veut pas forcément dire laisser le champ libre à la hausse. Les banques, engrangeant grâce à l’action de la BCE un volume de liquidités plus important, devraient en effet continuer à proposer des taux d’emprunt relativement stables. A l’heure actuelle, des prêts immobiliers sur 15 et 20 ans se négocient à un taux moyen de respectivement 4,00% et 4,30%.
Source : Diagnostic Expertise ( 07/11/11 )
Alix GUINET